Dans le cas d’une infrastructure de recharge collective au sein d’un immeuble d’appartements, la facturation individuelle par utilisateur n’est pas un luxe, mais une nécessité. Voici comment procéder correctement sur les plans technique et administratif.
La base technique : mesurer par point de recharge ou par utilisateur ?
Option A : Par point de recharge. Chaque point de recharge individuel possède son propre compteur (intégré à la borne), lié à un seul résident. C’est simple, mais cela ne fonctionne pas si plusieurs résidents utilisent la même borne.
Option B : Par utilisateur via RFID. Chaque résident reçoit une carte RFID personnelle ou une application. Le système enregistre qui recharge, peu importe la borne utilisée. C’est plus flexible et c’est la norme dans les installations modernes.
Dans la plupart des résidences, l’option B est privilégiée, avec l’avantage que les visiteurs peuvent également obtenir un accès temporaire via un pass invité à un tarif adapté.
L’administration : quatre flux de facturation possibles
Flux 1 : facturation directe par la plateforme de gestion. Les résidents paient directement au CPO (par ex. My.Certipower) sur la base de leur consommation. La VME n’intervient pas, et le syndic n’a aucune charge administrative.
Flux 2 : facturation via la VME. La plateforme de gestion fournit des rapports mensuels au syndic, qui les intègre dans le décompte habituel des charges communes. Cela demande un peu plus de travail, mais permet à la VME d’avoir une vue d’ensemble.
Flux 3 : facturation via le compte du résident. Chaque résident possède son propre compte sur la plateforme de gestion des points de recharge avec prélèvement automatique. Cette solution est idéale pour les grandes résidences de plus de 20 points de recharge.
Flux 4 : modèle prépayé. Le résident recharge son compte à l’avance et la consommation est déduite. Particulièrement utile pour les résidences avec des locataires où le recouvrement est administrativement plus complexe.
Le tarif : que facturer ?
Trois composantes :
- Prix du kWh : prix réel du fournisseur de la VME ou tarif fixe (avec indexation annuelle).
- Supplément de capacité : pour couvrir les frais annuels de raccordement au réseau — généralement entre 5 € et 15 €/mois par utilisateur actif.
- Frais de gestion : couverture des coûts de la plateforme — généralement entre 3 € et 8 €/mois par utilisateur.
La transparence est ici essentielle : les résidents doivent comprendre d’où vient le prix total de 0,38 € à 0,42 €/kWh. Mentionnez les trois composantes séparément sur la facture.
Ce qui est important sur le plan fiscal
Pour les VME avec statut TVA (rare) : la facturation directe aux résidents évite les complications liées à la TVA. Pour les VME ordinaires : la consommation est refacturée sans TVA sur la base du prix fournisseur de la VME elle-même. Le remboursement à la VME par les résidents est une simple refacturation de frais, et non une activité commerciale.
Ce qui pose problème dans la pratique
Trois erreurs classiques : la saisie manuelle des données de recharge (erreurs garanties), l’absence d’accord sur l’indexation des tarifs (après 3 ans, les résidents paient 30 % de trop ou pas assez), et l’absence de système de pass invité, ce qui permet aux visiteurs de recharger gratuitement aux frais de la communauté.
Ce que nous conseillons
Choisissez une plateforme qui automatise les trois flux (mesure → facturation → recouvrement), avec une révision annuelle des tarifs et des règles de facturation transparentes. Le travail manuel dans cette chaîne n’est plus une option au-delà de 5 utilisateurs actifs.
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