Pour les entreprises dont les employés circulent régulièrement à l’étranger, une carte de recharge n’est pas un détail. Utiliser la mauvaise carte sur la mauvaise borne en France, aux Pays-Bas ou en Allemagne peut parfois faire doubler le coût par kWh — ou la carte peut simplement être refusée. Voici les critères que nous conseillons aux entreprises d’évaluer avant de définir une stratégie européenne de cartes de recharge.
Comment fonctionne concrètement une carte de recharge européenne ?
Une carte de recharge vous connecte à un réseau de recharge via un fournisseur de services de mobilité (MSP). Ce MSP a conclu des contrats avec des opérateurs de bornes de recharge (CPO) partout en Europe et gère le paiement ainsi que la tarification en arrière-plan. Vous conservez une seule carte ou une seule application, et recevez une facture mensuelle unique — peu importe que vous ayez rechargé dans quatre pays différents.
L’astuce réside dans les accords entre les MSP et les CPO, ce qu’on appelle le roaming. Chaque MSP n’a pas forcément de contrat avec chaque CPO, et chaque relation de roaming ne s’effectue pas aux mêmes conditions. C’est là que se situe la disparité des tarifs et de la couverture.
Cinq critères pour choisir votre carte européenne
- Couverture par pays : demandez une liste du nombre de points de recharge actifs par pays et les pourcentages du marché couverts. Une carte qui couvre 95 % de la Belgique mais seulement 40 % de la France est inutile pour un commercial qui se rend régulièrement à Paris.
- Tarification par catégorie de CPO : ne demandez pas seulement les tarifs par pays, mais par catégorie de borne (AC public, DC jusqu’à 50 kW, DC à partir de 150 kW) et par CPO. Certaines cartes proposent des tarifs AC avantageux mais une recharge DC plus coûteuse, ou inversement.
- Frais de session et de temps : le prix « d’appel » de 0,55 €/kWh semble raisonnable, jusqu’à ce que vous découvriez qu’un tarif de session de 0,40 € et 0,05 € par minute s’y ajoutent. Demandez toujours le tarif complet all-in sur une session de référence de 30 minutes.
- Backoffice et reporting : pouvez-vous segmenter par employé, par véhicule, par pays et par CPO ? Pour une flotte à partir de 10 véhicules, cela est indispensable pour permettre la maîtrise des coûts et la justification fiscale.
- Intégration avec le split billing : la même carte peut-elle être utilisée pour la recharge publique en Europe et pour le split billing sur une borne de recharge à domicile ? Cela évite d’avoir deux systèmes distincts pour un seul employé.
Une seule carte ou plusieurs ?
Pour les flottes qui circulent structurellement dans plusieurs pays, une seule carte est rarement le choix optimal. Une stratégie typique :
- Une carte principale pour les pays les plus fréquentés, choisie sur la base du meilleur tarif all-in.
- Une carte de secours avec une couverture plus large, pour les sessions dans les pays où la carte principale a une faible couverture.
- Éventuellement un accord séparé pour la recharge rapide DC sur les autoroutes, si la carte principale y est onéreuse.
Pratique : que reçoit l’employé ?
Donnez aux employés une carte physique ainsi qu’une application. L’application doit au moins pouvoir afficher : les points de recharge à proximité, le tarif sur cette borne, la disponibilité en real-time, et la possibilité de démarrer une session sans carte physique (pratique si la carte est restée à la maison). Formez les employés à l’utilisation — les gestionnaires de flotte sous-estiment souvent combien de sessions « coûteuses » sont dues à un choix maladroit sur un parking bondé.
Combien coûte réellement une stratégie de cartes de recharge ?
Le coût direct d’une carte est généralement un montant fixe de 1 € à 5 € par mois et par carte, plus d’éventuels frais d’activation. Le coût réel réside dans l’utilisation. Pour une flotte de 30 véhicules avec un comportement de conduite européen mixte, la différence entre une stratégie de cartes bien choisie et une mal choisie s’élève typiquement à 10 000 € à 25 000 € par an.
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